L’art est un langage particulier, celui de l’âme. Chaque coup de pinceau, chaque couleur, chaque forme porte en elle une émotion, une idée, ou même un rêve. Et que dire des rêves eux-mêmes ? Ces fragments d’inconscient qui laissent entrevoir des mondes parallèles, des images déformées, parfois surréalistes, qui frappent notre esprit au moment où nous dormons. Loin d’être une simple distraction nocturne (oui, on peut rêver de licornes, mais c’est aussi un excellent moyen de comprendre notre psyché), les rêves ont été pendant des siècles une source d’inspiration pour de nombreux artistes. En interrogeant les frontières entre réalité et imaginaire, l’art, comme les rêves, permet de naviguer dans un univers flou, où tout devient possible. Et c’est précisément là que l’art prend tout son sens : dans cette exploration de l’invisible, du rêve et de l’inconscient.
Les rêves, un lien indéfectible avec l’art
L’un des aspects les plus fascinants des rêves, c’est leur pouvoir de nous révéler des choses cachées, enfouies au plus profond de nous. Freud, le père fondateur de la psychanalyse, et Jung, son fils spirituel, ont étudié cette relation entre l’inconscient et les rêves, affirmant que ces derniers étaient une voie d’accès privilégiée à des émotions refoulées et des désirs non exprimés. L’art, quant à lui, permet de libérer ce que nous ne pouvons souvent pas dire par des mots. Alors oui, quand vous rêvez que vous volez en pyjama à pois, il y a probablement quelque chose à creuser.

Épisode 26 - Secondegrepeinture
Les surréalistes, au début du 20ème siècle, ont été les premiers à comprendre pleinement cette connexion. En cherchant à capturer l’essence même de l’inconscient, ils ont fait des rêves leur principal terrain de jeu. Des artistes comme Salvador Dalí et René Magritte ont plongé dans les abîmes de leur imagination pour créer des œuvres qui déconstruisent la réalité, comme des fragments d’un rêve éveillé. Dalí, par exemple, a dit un jour : « Je suis un paranoïaque, un rêveur. Mais c’est dans mes rêves que je trouve l’essence de mon art. » Ses œuvres, comme La Persistance de la mémoire (1931), où des montres molles se déforment sous la chaleur d’un paysage désertique, sont le reflet de son esprit torturé et de ses visions nocturnes.
Cette relation entre rêve et art s’est poursuivie avec d’autres artistes, comme Max Ernst, qui a utilisé le « frottage » et d’autres techniques pour « faire apparaître » des formes qui semblaient surgir de l’inconscient. Les images qu’il créait étaient comme des visions furtives, un mélange de monde intérieur et de réalité altérée. En les reproduisant, il offrait au spectateur un aperçu de ce qui se cache derrière le voile de notre esprit. C’est un peu comme ouvrir un tiroir et découvrir que votre cerveau cache des paysages assez farfelus.
Maxime – alias secondegrepeinture – et l’inconscient comme source d’inspiration
Maxime, alias secondegrepeinture, incarne à sa manière cette quête de l’inconscient à travers l’art. Son travail est un terrain d’expérimentation où les rêves et les émotions prennent vie sur la toile. Pour lui, peindre est un acte thérapeutique, un moyen de se libérer de ce qui est enfoui dans son esprit. C’est un peu comme une séance de psychanalyse, mais avec plus de pinceaux et moins de divan.
Pour cela, Maxime se livre à un rituel simple : il dépose un bloc-notes et un crayon à côté de son lit et dès qu’il se réveille en sursaut après un rêve, il note immédiatement ce dont il se souvient. Le lendemain, il tente de déchiffrer ses notes – souvent écrites dans un état de demi-sommeil – et d’en retranscrire l’essence sur ses toiles. Il explique que cela donne parfois des résultats fou, mais qu’il y a aussi des rêves plus complexes qu’il n’arrive pas encore à représenter sur ses toiles.
Dans une de ses séries, intitulée « Les Apeusantiques », il représente des « maisons volantes », inspirées de ses rêves où la gravité n’existe pas. Et là, c’est à la fois magique et un peu perturbant : des maisons flottent dans les airs, défiant la logique et la physique. Et pour couronner le tout, certaines sont inachevées, voire brisées, offrant un étrange mélange d’architecture à la fois minutieuse et esthétique.

©Maxime Tournereau - alias secondegrepeinture

©Maxime Tournereau - alias secondegrepeinture

©Maxime Tournereau - alias secondegrepeinture

©Maxime Tournereau - alias secondegrepeinture

©Maxime Tournereau - alias secondegrepeinture

©Maxime Tournereau - alias secondegrepeinture

©Maxime Tournereau - alias secondegrepeinture

©Maxime Tournereau - alias secondegrepeinture

©Maxime Tournereau - alias secondegrepeinture

©Maxime Tournereau - alias secondegrepeinture
L’art comme réflexion des rêves
Dans son travail, Maxime explore aussi l’idée que l’art doit permettre au spectateur d’interpréter librement ce qu’il voit, tout comme dans un rêve. Il trouve cela fascinant et raconte que parfois, lorsque des gens lui expliquent ce qu’ils voient dans ses toiles, il se demande si ce ne sont pas eux qui ont raison.
D’une certaine manière, l’art devient un miroir de l’inconscient collectif, un endroit où chacun peut projeter ses propres interprétations. Cette idée se retrouve aussi dans l’œuvre de Maxime, qui se plaît à voir ses créations comme des « cartes » de son inconscient. Chaque toile, chaque forme est une exploration, une invitation à regarder plus loin, à pénétrer dans un monde qui n’a pas de limites.
Un autre aspect intéressant dans son travail est sa liberté créative. Maxime ne suit plus de croquis préparatoires ; il peint souvent directement à main levée, sans savoir précisément où il va. Cette méthode rappelle l’automatisme surréaliste, où l’on laisse l’inconscient guider le pinceau et c’est précisément ce qui donne à son travail ce côté spontané et libéré.
L’art, un voyage au cœur du rêve
Les rêves et l’art, tous deux nourris par l’inconscient, nous offrent des clés pour mieux comprendre notre monde intérieur. À travers des artistes comme Dalí, Ernst, et plus récemment Maxime, nous pouvons saisir la beauté et la complexité de l’invisible, de ce qui se cache sous la surface de notre esprit. Que ce soit par des formes déformées, des couleurs éclatantes ou des architectures impossibles, ces œuvres sont autant de fenêtres ouvertes sur des mondes parallèles où tout est possible.
Maxime, avec sa démarche personnelle et intime, nous rappelle que l’art n’est pas seulement un moyen de représenter le monde tel qu’il est, mais aussi de nous plonger dans celui des rêves, où les règles de la réalité n’existent plus. C’est un voyage sans fin, où chaque tableau devient une exploration de ce que nous sommes, et ce que nous rêvons d’être. Alors, la prochaine fois que vous vous réveillez en pleine nuit, avec des visions de maisons volantes ou de chats en tutu, ne les ignorez pas : vous êtes peut-être en train de vivre le début d’un chef-d’œuvre !
Pour en savoir plus, écoutez l’épisode du podcast Au-delà des toiles, consacré à la vie et à l’œuvre de Maxime, alias secondegrepeinture, que j’ai eu le privilège d’interviewer. Suivez-le également sur ses réseaux sociaux pour ne rien manquer de son travail.
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